Les débats dans le dossier du déguerpissement de Kaporo rails ont repris ce 22 décembre 2022 en l’absence des prévenus. Nous sommes devant le tribunal de première instance de Dixinn siégeant en matière correctionnelle.
Le Parquet estimant qu’un dispositif sécuritaire à la hauteur de l’affaire doit être mis en place pour que l’ancien ministre de l’urbanisme soit à la barre du tribunal, a demandé le renvoi des débats à un mois.
Prenant fait et cause pour la partie civile qui ne partage pas les motifs avancés par le parquet, le président du tribunal correctionnel, Amadou Sy, a renvoyé l’affaire au 19 janvier 2023 pour la suite des débats.
Face aux journalistes venus couvrir cette audience du tribunal, Maître Alpha Yaya Dramé de la partie civile a dénoncé les motivations invoquées par le parquet pour le renvoi et promis de suivre le dossier jusqu’au bout.
« Ce qui me choque c’est les motivations qui sont retenues pour que le renvoi soient ordonné, alors que la dernière fois le tribunal avait pris la décision de renvoyer ultimement à aujourd’hui pour la comparution de Monsieur Kourouma et de Monsieur Maama Camara. Aujourd’hui, on nous dit puisque les victimes sont nombreux, 1214, ils n’ont pas eu les moyens suffisant pour préserver l’ordre public. Mais depuis que les victimes ont subi ce qu’ils ont subi en 2019, à aucun moment les gendarmes n’ont intervenu pour les disperser. Ils ont le droit de manifester mais ils ne se sont jamais réunis pour troubler l’ordre public. C’est pour ça aujourd’hui les victimes qui sont arrivées, c’est seulement le collectif qui est arrivé au tribunal parce que je leur ai dit nécessairement il faut que chacun reste chez-lui et que les représentants légitimes des victimes soient au tribunal. Si par trois fois on donne des motivations qui ne tiennent pas sur un cheveux pour obtenir le renvoi, sous prétexte que c’est un ancien ministre, on n’en a pas fini. Il y a une chose que je peux promettre, tant que le souffle sortira de mes poumons et même après ma mort, il y aura un avocat qui reprendra ce dossier. S’il faut attendre l’extinction du soleil, nous l’attendrons mais cette affaire sera jugée et Monsieur Kourouma sera mis en face de ses responsabilités pour ce qu’il a fait.
Nous sommes prêts à tout. Mais encore faut-il qu’ils apportent des preuves qu’il existe des frais de procédure posés au tribunal ou n’importe quelle autre procédure n’a pas posé. Mais le tribunal a jugé souverainement et a fixé la caution à trois (3) millions.
Mes clients sont restés stoïques, résilients, respectueux de la loi. Le temps a fait son temps mais à aucun moment, ils n’ont jeté une pierre sur quelqu’un et ils ne le feront jamais (…) », a laissé entendre maître Alpha Yaya Dramé.
De son côté, l’un des avocats de Docteur Ibrahima Kourouma a expliqué aux journalistes pourquoi leur client n’a toujours pas comparu. Il dit qu’ils sont aussi pressés à ce que les débats proprement dits commencent.

« Monsieur Kourouma a été placé sous mandat par la chambre d’instruction de la CRIEF. Pour que Monsieur Kourouma soit devant le tribunal de Dixinn, il faut prendre des mesures. Parce que non seulement, il a été ministre et aussi la CRIEF n’accepte pas d’envoyer des personnes qui sont détenues à la suite des mandats décernés par elle devant les autres juridictions. C’est ce qui fait qu’il ne s’est pas présenté. Le parquet a raison, il y a tellement de prétendues victimes. Si le procureur ne prend pas des dispositifs nécessaires, ça va déborder et s’il y a débordement, ça va troubler l’ordre public. Nous sommes prêts, nous sommes même pressés, notre client est pressé et il ne se reproche de rien. Les parties civiles seront étonnées », a souligné Me Mamadi Doumbouya avocat de la défense.
A signaler que depuis l’ouverture du procès, le renvoi de ce jeudi 22 décembre 2022 est le troisième, pour les mêmes motifs.
Mamadou Macka Diallo depuis le TPI de Dixinn
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