Ce jeudi, 28 juillet 2022, est jour de manifestations de rue à Conakry, capitale de la Guinée. Malgré l’interdiction systématique faite par le CNRD, réitérée à chaque occasion par les autorités communales, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), a maintenu son appel à manifester, même si l’organisation a réaménagé sa tactique.
Des manifestations par zone, difficiles à endiguer
« Le terrain va commander », a lancé la veille un responsable du FNDC. Face au refus par les autorités d’une marche initialement prévue, le FNDC a appelé « chacun à manifester dans sa zone ». Cette façon de protester consistant pour chaque militant ou sympathisant à entreprendre des actions dans son quartier, dans sa commune, longtemps utilisée au temps d’Alpha Condé, rend la tâche difficile aux forces de l’ordre. Beaucoup plus d’hommes, beaucoup plus de moyens logistiques et de temps pour que les les policiers et gendarmes viennent à bout du mouvement.
De la tension avant l’heure
A la veille de ces manifestations, des déclarations et contre-déclarations ont envenimé la situation avant l’heure, créant ainsi de la psychose dans la cité. Le procureur général près la cour d’appel de Conakry a menacé de poursuites judiciaires les organisateurs et ceux qui participeront à la manifestation. Comme une réponse du berger à la bergère, le FNDC aussi menace les autorités de poursuites judiciaires, pas sans réitérer son appel à l’endroit de ses partisans.
A ces ingrédients sont venues s’ajouter ces images de véhicules officiels faisant le tour de la capitale pour ramasser les pneus usés. Pour certains, c’est pour empêcher les manifestants d’utiliser ces pneus pour les brûler sur la voie publique. Une tactique bien connue des opposants aux régime défunt d’Alpha Condé.
Un test en passe d’être réussi
Pour le FNDC, c’est une opération test. C’st la première manifestation de grande envergure organisée par le mouvement dirigé par Ousmar Sylla alias Foniké Menguè pendant la transition en cours. Soutenu par les principaux partis politiques notamment l’ancien parti au pouvoir, le RPG, l’UFDG et l’UFR, le front national pour la défense de le constitution réclame un « retour rapide » à l’ordre constitutionnel.
La polémique sur une éventuelle participation d’employés de Guinée Games quoique démentie par la société, l’annonce du RPG qui soutient la marche et le sentiment quasi-généralisé de déception au sein de l’opinion publique face à certaines actions du CNRD, sont des facteurs parmi tant d’autres qui apportent de l’eau au moulin du FNDC en quête de grande mobilisation dans les rues de la capitale.
[irp posts= »32501″ name= »Marche du 28 juillet 2022: Prenons notre destin en main… » (Sidya)
Thierno Amadou M’Bonet Camara (Rescapé N°4)
622 10 43 78


