Guinée-Les leaders politiques en colère contre la junte: « Nous sommes mis en marge » de la transition

La réunion entre le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation et les partis politiques ce mercredi, 10 novembre 2021, a vite tourné au clash. Les représentants des partis ont particulièrement dénoncé ce qu’ils qualifient de mise à l’écart des acteurs politiques dans la conduite de la transition par le colonel Mamadi Doumbouya et son gouvernement.

D’abord, l’ancien ministre Mohamed Tall de l’UFR déplore qu’une réunion devant se tenir ce matin soit appelée seulement la veille. Il se demande ensuite comment a-t-on pu demander aux partis politiques de désigner seulement 15 personnes pour le Conseil national de la transition. Puis, Pépé Koulémou, président de l’ARN, enfonce et déverse sa colère.  « Nous semblons être exclus, toute la classe politique semble être exclue. Or la transition est bien notre affaire parce que ne vont à la conquête du pouvoir que les partis politiques qui sont effectivement agréés à cette fin, seulement à cette fin de conquête du pouvoir jusqu’à l’établissement d’une nouvelle constitution qui pourrait créer une éventuelle possibilité pour tout guinéen de faire acte de candidature en dehors des partis politiques. Je voudrais bien que cela soit transmis au ministre de l’Administration du territoire mais surtout au président de la transition, qu’ils nous prennent au sérieux. Quand on a pris l’initiative de gérer une nation, on ne doit pas exclure les partis politiques. On a vu des nominations qui se sont passées, les partis politiques ont été carrément mis à la marge, écartés. Et depuis la prise du pouvoir par la vaillante armée, il n’y a pas eu de concertation entre les partis politiques que nous sommes et les nouvelles autorités. Ce qui est déjà dangereux, très grave même parce que la chose publique nous intéresse. La chose publique commence par le pouvoir, l’exercice du pouvoir du peuple…Nous qui sommes des acteurs politiques, nous devons être nécessairement et obligatoirement associés », a-t-il dénoncé.

Au sortir de la rencontre, nous avons tendu notre micro au chef de la délégation de l’UFDG. Aliou Condé déclare : « Il y a quand même quelques interrogations parce que quand on parle de la politique et de l’avenir du pays, vous voyez que nous réagissons à coups de directives et de communiqués. Nous ne sommes pas associés au débat sur la question. On reçoit des communiqués, ce n’est pas inclusif ». 

[irp posts= »21280″ name= »Rencontre partis politiques-MATD au palais: le RPG refuse de rester en marge »]

S’agissant particulièrement du mode de désignation des 15 représentants, le secrétaire général du ministère de l’Administration du territoire, qui a remplacé son ministre, a renvoyé toutes la kyrielle de partis politiques à aller choisir entre eux, leurs représentants de façon consensuelle. Les deux parties se sont séparées à queue de poisson sur fond de cris de colère.

Thierno Amadou M’Bonet Camara (Rescapé N°4)

622 10 43 78

Articles similaires