Guinée: des travailleurs menacent de poursuivre l’Etat, à l’international

Conakry-A l’occasion de la présentation de la confédération syndicale des travailleurs de Guinée (CSTG) à la presse, des syndicalistes ont abordé l’épineuse question de l’article 39 du statut général des fonctionnaires, en répondant à un journaliste.

Le statut général des fonctionnaires, à son article 39, il importe de le rappeler, stipule que tout fonctionnaire admis à faire valoir ses droits à la retraite perd d’office ses qualités de syndicaliste des agents de l’Etat.

Farouchement opposé à cet article qui, selon certains syndicalistes, a été élaboré contre Aboubacar Soumah du SLECG, Boubacar Biro Barry, Secrétaire général de COGATREG et porte-parole de la CSTG, a révélé que Rabiatou Serah Diallo a fait plus d’une décennie à la tête de la CNTG (confédération nationale des travailleurs de Guinée) pendant qu’elle n’était plus fonctionnaire. « Le cas de Rabiatou Serra Diallo. Elle a dirigé la CNTG plus de dix ans étant retraitée. Je le dis en connaissance de cause. Et il y en a tant d’autres. Et pourquoi expressément Soumah ? C’est nos gouvernants qui sont en train de prostituer la loi. Ce n’est pas normal. Et ce n’est pas correcte. Ça c’est par rapport à la question de retraite », a-t-il révélé.

Comme plusieurs autres syndicats des travailleurs  qui menacent de trimballer l’Etat guinéen devant les instances internationales du travail, Elhadj Mamadou Saliou Diallo, Secrétaire général de (ONSL) et membre de la CSTG, va au-delà de la simple dénonciation.

« Nous dénonçons cette loi, parce que la loi nous permet de dénoncer une loi prise par l’Assemblée nationale. Comment la dénonciation se fera ? Si le ministre du travail coopère, nous travaillons, nous l’aidons à reformuler ce qui est à reformuler et en enlevant ce qui est contre les dispositions de la convention 87. Ce qui est contre les conventions de Genève, on l’enlève. On l’aide à faire un texte comestible. Mais dans le cas contraire, nous dénonçons cette loi parce que nous allons l’opposer à la constitution guinéenne d’abord. Ensuite, nous allons l’opposer au code du travail, nous allons l’opposer aux conventions de Genève et nous allons déposer les trois instruments juridiques devant l’international qui va trancher. C’est une loi qui a été taillée à juste mesure sur les hanches de Soumah », a-t-il dit.

A signaler qu’en plus de l’article 39, l’article 41 du statut général des fonctionnaires qui reconnaît le droit de grève à tout agent de l’Etat mais indique que les jours de grèves de l’agent ne seront pas rémunérés, est dénoncé par de nombreux syndicalistes.

Souleymane Bah pour Guin114.com

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