En Guinée, l’opposition et une bonne partie de la société civile ne cessent de rappeler, depuis un certain temps, que la justice est inféodée à l’Exécutif. Le président Alpha Condé vient d’apporter une preuve tangible.
En effet, alors que le dossier des responsables de l’UFDG (union des forces démocratiques de Guinée) arrêtés dans le cadre de la crise postélectorale de 2020, est en cours d’instruction, dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le chef de l’Etat guinéen soutient qu’ils sont coupables des faits mis à leur charge.
« …Les quelques responsables de l’UFDG [Union des forces démocratiques de Guinée] arrêtés l’ont été en tant que commanditaires directs d’actes de violence commis tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays : maisons incendiées, destructions de biens publics, poteaux électriques sciés, assassinat de membres des forces de l’ordre, etc.
Il ne s’agit en aucun cas de prisonniers politiques, mais de fauteurs de troubles, coupables d’avoir envoyé des jeunes munis d’armes blanches, parfois et d’explosifs. Nous avons toutes les preuves, et elles seront exposées lors des procès, y compris les appels au meurtre contre ma personne. Les Guinéens savent quelle est l’étendue de la responsabilité de ces gens dans les violences, et pas un chat n’a bougé lors de leur arrestation. Les jeunes manipulés et téléguidés ont, eux, pour l’essentiel, été libérés à l’issue de leur peine », répond Alpha Condé à une question de François Soudan (JA) sur les « détenus d’opinion » selon les propres termes du « journaliste ».
« Adieu la présomption d’innocence. Le verdict est déjà prononcé. Le procès est terminé. Il n’existe plus qu’à mettre à exécution les sentences », s’exclame un internaute après la lecture de l’article.
« Ceux qui cherchaient encore les motifs de la suspension par les avocats de leur participation à ces procédures peuvent les trouver dans ces déclarations qui en sont le résumé parfait », indique-t-il.
« En procédure pénale, une instruction doit se faire à charge et à décharge. Mais lorsque de telles sont faites, il y a d’énormes risques pour le personnes mises en examen (inculpées) que l’instruction ne soit menée qu’à charge. Les risques sont d’autant plus grands que l’indépendance de la justice n’est pas toujours effective. La volonté de satisfaire aux desideratas du chef l’emporte souvent sur le devoir de rendre la justice en âme et conscience », rappelle celui qui semble être un professionnel du droit.
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