Rencontré au stade de Nongo à l’occasion de la célébration de la fête internationale du travail, le 1er mai dernier, le collectif des contractuels temporaires de Guinée a profité de l’événement pour exprimer son cri de cœur en faveur de leur engagement définitif à la fonction publique guinéenne.

Interrogé par notre reporter, Gilbert Lamah, chargé de l’information et de la communication du collectif, a déclaré qu’ils ne réclament pas une augmentation salariale, mais exigent avant tout le changement de leur statut, passant de contractuels à fonctionnaires.
« Ce que nous souhaitons de l’État guinéen, c’est qu’il pense au cas des contractuels de l’administration publique. Nous sommes nombreux, présents dans tous les départements ministériels, dans toutes les directions. Certains d’entre nous travaillent même à la présidence et occupent de hautes responsabilités. Nous demandons que l’État change notre statut, de contractuel à fonctionnaire. Il y a parmi nous des pères et mères de famille, et jusqu’à présent, nous touchons 550 000 francs comme salaire. Avec cette somme, il est impossible de vivre dignement dans ce pays. Il faut que notre situation évolue. Aujourd’hui, nous sommes les piliers de l’administration guinéenne », a martelé Gilbert Lamah.
Poursuivant son intervention, il a dénoncé les conditions de travail difficiles que vivent les contractuels, souvent relégués à des tâches subalternes par les fonctionnaires titulaires.
« Dans tous les ministères et directions, ce sont les contractuels qui assurent la majorité du travail. Parfois, les titulaires nous prennent pour des plantons : « Va m’acheter du café, va faire ceci, cela ». Pourtant, nous sommes aussi des cadres de l’administration guinéenne. Ce que nous voulons, ce n’est même pas une augmentation salariale, c’est simplement un changement de statut. Nous voulons quitter le rang de contractuel pour devenir fonctionnaires », a-t-il insisté.
Il a également rappelé que certains contractuels cumulent plus de cinq, dix, voire quinze ans de service sans régularisation. « Imaginez utiliser quelqu’un pendant toutes ces années sans régler sa situation. C’est vraiment déplorable, c’est un péché », a-t-il déploré.
Enfin, Gilbert Lamah a lancé un appel au président de la transition ainsi qu’au gouvernement afin qu’ils prennent en compte leur situation : « Nous avons trop souffert dans l’administration guinéenne », a-t-il conclu.
Aliou Diaguissa Sow
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