Procès du 28 septembre 2009: la défense de Toumba s’oppose à une demande de celle de Dadis

L’audience s’est poursuivie lundi 28 novembre 2022 dans le dossier du 28 septembre 2009 au tribunal de première instance de Dixinn délocalisé à Kaloum. Cette vingt-quatrième journée d’audience dans cette affaire a connu la poursuite de l’interrogatoire du Colonel Claude Pivi, ancien ministre de la Sécurité présidentielle au moment des faits.

Après avoir posé ses questions, maître Pépé Antoine Lamah, un des avocats de la défense de Moussa Dadis a présenté une pièce au tribunal. Selon lui, cette pièce a été signée par le commandant Aboubacar Diakité dit Toumba, en tant que commandant du régiment. Un poste que personne, dans le box des accusés, ne veut réclamer la paternité.

«Une pièce signée du commandant Aboubacar Sidiki Diakité décidant l’affectation de 26 sous-officiers au régiment commando, signature qu’il a faite en tant que commandant du régiment. Il y a à côté de ça signature, deux autres noms en l’occurrence Ibrahima Sano et Yacine Baldé. Ce sont des officiers qui vivent et qui sont en fonction. La défense du capitaine Dadis sollicite qu’il plaise au tribunal maintenant ou au moment venu de décider de leur comparution sur les fondements des articles 400 et suivants du code de procédure pénale», a sollicité maître Pépé Antoines Lamah, un des avocat du capitaine Dadis.

Appelé à se prononcer sur la question, le ministère public par la voix d’un des substituts du procureur a indiqué qu’il ne trouve aucune objection par rapport à cette demande.

Au nom de la partie civile, maitre DS Bah a donné quelques explications relatives à la comparution des témoins pas sans laisser apparaître une sorte d’opposition.

«Je pense qu’à ce stade de la procédure, il serait important que les débats se poursuivent et après à l’issue nous verrons l’opportunité que telle ou telle personne comparaisse. Nous savons tous que pour la comparution des témoins, il y a des formalités à accomplir. Ces formalités-là n’ont pas été accomplies et je pense que le tribunal se prononcera au moment venu sur l’opportunité  d’accepter ou pas une telle demande», a-t-il déclaré.

Au nom de la défense de Toumba Diakité, c’est maître Paul Yomba Kourouma qui a pris la parole. L’avocat a déclaré que son client ne reconnaît pas ce document. Il dénonce du faux et usage de faux avant de demander au tribunal de rejeter la demande.

 

«On vous demande de faire citer des personnes pour venir témoigner autour d’une pièce déjà arguée de faux, il s’agit d’un faux et d’un usage de faux. Ce document d’abord n’est pas un acte de nomination c’est bien écrit « liste des militaires de l’infanterie de l’armée de l’air désignés pour le régiment ». En quoi Toumba a dû nommer mais aussi ce document ne reflète pas l’empreinte Toumba. Il ne reconnaît sûrement pas, ce n’est pas sa signature et la nomenclature même, l’enquête déshonore la République d’alors. Déjà des omissions, des incohérences, on dit république de la république, ministère de la défense nationale, état général de l’armée. C’est état-major. Il y a trop de tares, insuffisances, des infirmités qui émaillent le document qui n’est même pas référencé, n’est pas daté ni numéroté et la signature même est encombrée par le cachet et Toumba ne signe pas comme ça.  Donc vous ne pouvez pas sur ce fondement autoriser la comparution des gens sur la base d’un faux, volontairement, sciemment, consciemment, en toute connaissance de cause dans le but de nuire, établi pour tenter de surprendre la bonne foi de votre tribunal. Mon avis, c’est que la demande est non avenue, et qu’il y a lieu de la rejeter purement et simplement»,a laissé entendre maître Paul Yomba Kourouma, l’un des avocats de Dadis Camara.

À son tour, le président du tribunal a décidé de suspendre la question «en attendant le moment opportun pour décider de l’opportunité de de la citation de ces signataires devant le tribunal».

Diop Ramatoulaye

666-75-16-10

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