C’est visiblement l’un des faux pas du ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation dix mois après sa nomination. « En décidant par un arrêté de dissoudre le FNDC, le ministre Mory Condé ignore carrément les textes qui régissent le fonctionnement des mouvements associatifs ». C’est du moins l’analyse juridique que fait le juriste Fayimba Mara dans un entretien accordé ce mardi 9 août au quotidien Guinée114.com. pour lui, l’unique voie possible qui s’offre à Mory Condé serait d’interdire sur toute l’étendue du territoire les activités du front anti troisième mandat pour le professeur Alpha Condé.
» Je suis réellement surpris que le ministre se soit prêté à de tels exercices. Juridiquement je ne souhaitais pas voir la chose comme ça. Le FNDC est une faîtière, un ensemble d’ONG qui ont simplement voulu mettre en synergie leurs actions pour pouvoir atteindre un objectif. C’est pour dire que le FNDC n’a pas une existence juridique légale. Si c’était une ONG avec un agrément le ministère de l’administration là peut procéder à sa dissolution mais tel n’est pas le cas. A la limite juridiquement qu’est ce que le ministre de l’administration pouvait faire en synergie avec d’autres ministres, c’est d’interdire toutes les activités du FNDC sur l’étendue du territoire national. Là juridiquement ça peut se justifier, mais vous ne pouvez pas dissoudre quelques chose que vous n’avez pas constituer. Je ne pense que ça soit la bonne manière, cet exercice là ne doit pas ressembler au ministre de l’administration du territoire », argumente l’universitaire.
Pour lui, il est temps pour ce front de conjuguer les efforts avec les autres forces de la société civile afin de mener une lutte commune. » Aujourd’hui au regard de la situation qui se présente à nous, je pense que les organisations de la société civile n’ont pas intérêt à évoluer en rang dispersé. Cette action isolée du FNDC n’est pas appropriée dans un contexte comme celui-ci. Il est même opportun que le FNDC cesse d’évoluer en solo. Je pense qu’il est grand temps d’approcher les autres plateformes de la société civile pour une synergie d’action et aller vers les forces politiques. Aujourd’hui je trouve qu’il est beaucoup plus légitime que l’ensemble des plateformes de la société civile se retrouvent en collaboration avec les partis politiques pour une synergie d’action face aux principales questions de la transition », a suggère le juriste Fayimba Mara.
M Lamine


