La transition en Guinée se heurte à l’opposition d’une frange importante de la classe politique et de la société civile qui exige l’ouverture d’un cadre de dialogue et la publication de la liste des membres du CNRD, entre autres. Le FNDC soutenu par les grandes coalitions politiques a déjà lancé les hostilités la junte militaire au pouvoir, qu’il accuse de faire une gestion unilatérale de la transition.
Pour le président de l’union démocratique pour la renaissance de la Guinée (UDRG), en revanche, tout ne peut pas se régler avec un coup de baguette magique. Amadou Oury Bah dit Bah Oury, puisque c’est de lui qu’il s’agit, propose d’y « aller avec méthode, avec intelligence et avec pédagogie pour permettre à la Guinée d’avoir une transition réussie. Il appelle surtout les uns et des autres, à faire preuve de responsabilité.
« Par rapport aux autorités, le CNRD et le gouvernement il ne suffit pas de faire. Un gouvernement peut faire mais un gouvernement doit aussi sensibiliser, doit informer, doit indiquer à chaque moment où est-ce qu’il en est par rapport à des tâches que la population estime essentielles. La communication peut enlever les doutes, peut clarifier les débats et peut empêcher l’inflation des rumeurs qui parfois sont des rumeurs qui ne sont pas du tout constructives au contraire qui cherchent à déstabiliser. Donc, la meilleure façon de lutter contre cette propension des rumeurs, disons déstabilisantes, c’est une communication, la vérité, aller avec pédagogie. Donc ça, le gouvernement et le CNRD doivent parler à la population. La population n’a pas un casque militaire, les militaires reçoivent des ordres et obéissent. La population ce n’est pas le cas, il faut la convaincre, il faut qu’elle adhère. Donc le gouvernement et le CNRD doivent palier à certaines questions « , a indiqué Bah Oury, au cours d’un entretien qu’il nous a accordé la semaine dernière.
« De l’autre côté, au niveau de la population, notamment au niveau des acteurs, il faut que nous fassions preuve de responsabilité en privilégiant l’intérêt général. Aujourd’hui nous devons rebâtir les fondamentaux pour permettre à la Guinée d’avancer, d’avoir un processus politique clair et lutter également contre disons le détournement des deniers publics. Parce que si la population est pauvre, si une petite poignée de gens s’accapare de toutes les richesses et abandonne l’écrasante majorité de la population, on aura pas la paix, on aura pas un processus politique clair, on aura simplement le règne de la violence. Parce que ceux qui s’accaparent du peu à leur profit personnel ne voudront pas lâcher prise d’où ce qui nous a amené à un troisième mandat. Donc l’un dans l’autre c’est un processus global qui nécessite, disons à tous les niveaux, le sens de responsabilité, le sens de l’intérêt général et un minimum de bonne foi », avait-il ajouté.
Il faut noter que la crise continue à perdurer. Après les manifestations du 28 et 29 juillet 2022 qui se sont soldées par cinq (5) morts, plusieurs arrestations et des dégâts matériels importants, le FNDC appelle à une nouvelle manifestation le 17 août prochain sur toute l’étendue du territoire.
Mamadou Macka Diallo
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