Dans un courrier adressé au procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn, le procureur général de la Cour d’appel de Conakry a désigné seize (16) officiers de police judiciaire issus de la police et de la gendarmerie pour mener les enquêtes sur les crimes de sang commis sous le régime d’Alpha Condé concernant Alpha Condé lui-même et 26 anciens ministres et députés de la République.
Au lendemain de cette annonce, le vice-président de l’Organisation des Guinéenne de Défense des droits de l’Homme (OGDH) a pris la parole chez nos confères de Fim FM. Maître Amadou DS Bah s’est réjouit de cet acte posé par Charles Wright.
« C’est un pas important qui a été franchi. Parce que nous savons généralement quand il y a des annonces d’enquêtes ou des instructions dans le cadre des enquêtes, le plus souvent cette ouverture n’est pas suivie d’actes concrètes. Et cette fois-ci suite à l’annonce du procureur donnant instruction au parquet de Dixinn d’ouvrir une enquête, le fait d’avoir désigné ces officiers de police judiciaire dans le cadre de la conduite de cette enquête nous rassure davantage puisque cette annonce fait suite déjà à l’instruction d’enquête. Donc c’est quelque chose de très important pour nous défenseurs des droits de l’homme et toutes les victimes qui sont recensés à travers le pays par rapport à ces événements. C’est du concret. Et nous pensons que rapidement ces enquêteurs vont se mettre à la tâche et surtout qu’ils auront les moyens suffisants pour pouvoir investiguer. Et surtout qu’il y aura aussi une collaboration de l’ensemble des services de sécurité. Parce que n’oublions pas qu’au niveau de ces enquêtes, il va falloir non seulement la collaboration des victimes mais également des services de police et de gendarmerie puisque le maintien d’ordre dans ces événements incombait à l’Etat et que les unités qui sont intervenues dans ces maintiens d’ordre qui ont conduit à ces tueries. Si l’armée et la police ne coopèrent pas, s’il n’y a pas une politique adéquate par rapport à ces enquêtes, je pense que ce sera aussi une difficulté mais déjà les actes qui sont posés nous rassurent davantage » s’est-il réjoui.
Plus loin, l’avocat défenseur des droits humains s’est prononcé sur la compétence des tribunaux de première instance de juger ce dossier qui incrimine des anciens hauts dignitaires. Pour lui, à l’absence de la Haute Cour de Justice, ces juridictions de droits communs sont habilitées à juger ces affaires criminelles.
« Nous pensons que les tribunaux ordinaires sont compétents d’autant plus que la Haute Cour de Justice qui avait été prévue dans la constitution n’a jamais fonctionné. Aujourd’hui, il y a un vide à ce niveau. Pour tout bon Guinéen , on ne peut pas dire que ces personnes ne peuvent pas être jugées devant ces juridictions de droits communs d’autant plus que d’abord ils ne sont plus aux affaires et deuxièmement, il s’agit des crimes de droits communs. À partir de là nous nous estimons que en tout cas jusqu’à ce qu’une autre cour soit créé, nous estimons que les juridictions de droit commun peuvent légalement investiguer dans ces affaires. Si nous prenons le fait que l’assassinat, le meurtre, les crimes qui ont été commis pendant ces événements relèvent du droit commun, nous pensons que juridiquement il est possible que les juridictions de droits communs connaissent cette affaire. En ce qui nous concerne, nous déposerons tous les documents que nous avons. Nous accompagnerons les victimes. Nous nous constituerons partie civile le moment venu. Et je pense que ces débats auront lieu », a t-il précisé.
Pour rappel, l’ancien président de la République Alpha Condé et ses anciens dignitaires dont Ibrahima Kassory Fofana, ancien premier ministre et Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée Nationale, sont poursuivis pour des crimes de sang commis pendant les ondes dernières années.
Diop Ramatoulaye
666751610


