Les assises nationales lancées par le colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition, le 22 mars dernier, continuent de susciter des réactions au sein de la classe socio-politique guinéenne alors qu’un comité déjà meublé est en train de travailler sur le déroulement des activités, en attendant de faire changer d’avis ceux qui n’ont pas cru encore à la réussite de ces assises.
Ce lundi 4 avril 2022, nous avons recueilli la réaction d’Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia par ailleurs membre du bureau exécutif de l’UFDG l’un des partis politiques qui ont boudé ces assises pour plusieurs raisons. Pour lui, le problème en Guinée « c’est pas la cohabitation pacifique, c’est l’Etat Guinéen qui a été un bourreau contre sa population ».
« D’abord ces assises n’étant pas opportunes, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de raison qu’elles aient lieu, ont déjà échoué. Lorsque vous initié un projet pour lequel il n’y a pas d’objet, c’est-à-dire que les assises en général répondent à un problème de cohabitation pacifique. C’est lorsque les populations d’un territoire se sont affrontées à un moment donné, il y a eu pertes en vies humaines, la cohabitation a été malmenée, les autorités légitimes, j’insiste bien légitimes ce qui n’est pas le cas ici pour pouvoir créer une harmonie, créer les assises. C’est la raison des assises dans le monde entier. Mais en Guinée, nous sommes en paix, les populations guinéennes sont en paix. Le problème en Guinée ce n’est pas la cohabitation pacifique. C’est l’Etat guinéen qui a été un bourreau contre sa population depuis 1958 jusqu’à date. On a le camp Boiro, on a le 28 septembre, on a les pendaison, on a Alpha Condé ses dix (10) ans ici et ses crimes, Conté avec son régime. Tous ces régimes-là ont tué des Guinéens. Ils les ont fait exiler, ils les ont malmenés, ils les ont humiliés. Et donc, le problème ce n’est pas faire asseoir les Guinéens mais c’est plutôt réfléchir, dénoncer ce que l’Etat Guinéen est en train de faire contre sa propre population. Donc, elles ne peuvent pas aboutir puisqu’il n’y a pas raison qu’elles aient lieu dès l’instant où il n’y a pas eu d’affrontement intercommunautaire en Guinée et Dieu merci d’ailleurs! La pédagogie a manqué. On ne peut pas annoncer à la phase du monde qu’on veut une vérité, un pardon sans faire une explication claire et précise en la matière. Et puis en suite noter bien que si tel est le cas, les parents des victimes sont là ils ne sont pas morts. Pères, mères, sœurs, oncles, tantes sont là. S’ils veulent vraiment la vérité, on peut les identifier et pour que s’il y a pardon en ce moment-là qu’on sache qui va annoncer le pardon et qui va accepter le pardon. Mais vous rassemblez des gens qui n’ont jamais été victimes. Ceux qui sont là en train de parler n’ont ni un frère, ni un oncle, ni un fils qui a été abattu dans les manifestations politiques. Comment voulez que des gens qui n’ont pas été victimes puissent être sensibles à la mort des enfants des autres? C’est impossible, c’est impensable. Il faut associer alors les parents des victimes et les écouter, ils sont là. L’UFDG a la liste de toutes les victimes et puis le FNDC en a aussi, les institutions internationales ont les listes ici. Donc on ne peut pas écarter les parents des victimes et vouloir chercher la vérité avec qui? Et pour qui? Et un pardon de la part de qui? Et pour qui? Ça c’est un. Maintenant nous à l’UFDG avec les 63 partis politiques qui ont estimé que ça c’est de la poudre aux yeux, c’est de la manipulation, c’est de la tromperie. Nous la priorité c’est une cour de répression de crimes de sang à l’image de celle qui existent pour les crimes économiques. On ne peut pas privilégier l’économie au détriment de la vie humaine. La vie humaine est sacrée, c’est la plus importante », a martelé Abdoulaye Bah membre du bureau exécutif de l’UFDG.
A signaler que les activités débuteront le 11 avril 2022, selon la porte-parole du comité national des assises.
Mamadou Macka Diallo
666 660 366


