Dès lendemain de l’augmentation du prix des carburants par le gouvernement de 9000 à 11000 francs, certains conducteurs de taxis ont à leur tour augmenté les transports par tronçon de 1500 à 2000 francs.
Contre cette dernière augmentation, les syndicats des transporteurs ont exigé que le tronçon soit ramené à 1500 GNF. Ce qui n’a pas plu aux taxi-maîtres qui ont décidé de protester ce lundi 9 août 2021 contre la décision de leurs leaders.
Au carrefour Cosa dans le quartier de Simbaya, commune de Ratoma, où nous nous sommes rendus en début de matinée, nous n’avons pas vu de taxis en nombre comme d’habitude. La circulation était dominée par les motos, les véhicules personnels et les quelques bus de la société publique de transport en commun (Soguitrans)
Au micro de notre Rédaction, Abdoulaye Diallo, un conducteur de taxi a donné les raisons de la grève qu’ils viennent d’entamer.
« On nous a dit de faire payer 1500 GNF le tronçon mais on a constaté qu’on ne pouvait pas s’en sortir. Nous les conducteurs de taxis, nous nous sommes convenus d’arrêter jusqu’à ce qu’on diminue le prix du carburant. Ou bien qu’on nous laisse fixer le prix à 2000 GNF parce que même les passagers n’ont pas discuté les 2000 GNF. Il ne faut que les syndicalistes se mêlent entre nous et les passagers. Si quelqu’un nous dit aussi c’est 1500 GNF qu’il va payer, il n’y aura pas d’altercation, c’est son droit. Mais si lui il ne voit pas le fardeau qu’on a, nous nous le voyons. On a vu que le tronçon à 1500 ne nous arrange pas et on ne peut pas travailler si on ne va pas s’en sortir. C’est ce qui nous a amené à faire ce débrayage et on continuera jusqu’à la satisfaction de nos revendications. C’est-à-dire : on diminue le carburant ou bien on fait payer le tronçon à 2000 GNF. Quand on achète le carburant à 11000 GNF on fait payer à 9000 (nombre de passagers dans le taxi) est-ce qu’on aura travaillé ? Alors c’est ça le problème. Ils nous ont dit lorsque le carburant a été fixé à 9000 GNF les passagers payaient 1500, le litre est monté à 10000 GNF on est resté à 1500 GNF lorsque le prix était à 8000, 9000 on faisait deux passagers à 2500 GNF et en ce temps on nous devait parce que c’est 1300 GNF qui était convenu et il n’y avait pas des billets de 100 francs pour la monnaie. Comment peut-on faire payer à quelqu’un 1300 GNF ? Si les syndicalistes veulent vraiment que le prix soit à 1500 ils n’ont emmené leurs taxis et nous allons travailler avec eux c’est tout », a martelé Abdoulaye Diallo.
Nous avons croisé Ismaël Bah, un passager en quête de taxi pour se rendre à son lieu de travail. Le jeune homme n’a pas caché sa déception envers l’Etat. Pour lui, c’est l’Etat qui est fautif dans cette situation.
« En tant que passager, on souffre vraiment. On ne peut pas décrire la situation, c’est un calvaire total pour nous. Le problème n’est pas au niveau des taxi-maîtres déjà. Ce ne sont pas eux qui ont fixé le prix du carburant. Du coup quand il y a hausse du prix du carburant, ça affecte les autres secteurs. Donc, je peux dire qu’ils ont parfaitement le droit de revendiquer », a mentionné Ismaël Bah, le visage grave.
Sur le tronçon Cosa-Nongo les taxi-maîtres indélicats sont poursuivis par les grévistes qui les obligent à débarquer les passagers. A moins que ces chauffeurs échappent à la vigilance des grévistes.
Mamadou Macka Diallo
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